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Les travaux de la vigne

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le Ménestrel du Sarto

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Si en Savoie pour le ski
Tu viens sans coup férir
L’Abymes y est exquis
Du Sarto, il faut t’enquérir !

Avec tes poteaux,
Au moment de l’apéro
Oublies l’anis dans l’eau
Choisis le blanc du Sarto !

Le boulot, c’est galère
Le Sarto, c’est Jacquère !
La vigne du Sarto n’aime pas Monsanto
Il vaut mieux la sueur du vigneron
Que du métabenztiazuron !

Que boire ce midi
Est un abyme de perplexité ?
Mais non : l’Abymes du Sarto
Est le vin qu’il te faut !

Lacryma Christi
Romanée Conti
Que nenni !
Je préfère le Sarto de l’Aby !

Petite galéjade rimée
Prose ou vers ?
Je repose mon verre
Je suis fatigué !

Bernard Brun


Travaux de la vigne

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Un an au sarto de l'aby !


Taille : introduction

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La vigne est une liane !
Elle nécessite d’être taillée chaque année pendant son repos végétatif pour être productive mais cela pénalise sa longévité !
Je pratique la taille Guyot : parmi les rameaux ayant poussé l’année précédente j’en sélectionne un qui soit vigoureux et bien placé, il deviendra « la baguette » et ses bourgeons donneront de nouveaux rameaux au printemps.
Les autres rameaux ayant poussé pendant l’année sont éliminés
Cette baguette sera attachée horizontalement sur le fil de palissage pour équilibrer le flux de sève et bien répartir la végétation.
Pour que cette baguette soit productive (attention, les choses se compliquent !), elle doit pousser à partir d’un rameau ayant un an de plus qu’elle (une baguette provenant directement du cep donc du « vieux bois » donnera peu ou pas de raisins) aussi une «  corne » (mini baguette avec 2 ou 3 bourgeons) est laissée pour préparer la taille de l’hiver suivant, elle est si possible à l’opposé de la baguette sur le cep afin d’équilibrer la forme et surtout le flux de sève.
La longueur de la baguette dépend de la vigueur du cep sans excéder huit yeux (bourgeons)
J’espère que cette explication est compréhensible !!
Le principe de la taille est très simple mais sa réalisation est complexe car il faut conserver la forme du cep et sa vigueur tout en limitant la production et en préservant la longévité et sans favoriser les maladies du bois !!


Taille : avant / après

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Attache des baguettes

Avant que les bourgeons ne poussent, les baguettes sont torsadées sur le fil inférieur du palissage et attachées à celui-ci : la position horizontale assure une meilleure distribution de la sève à tous les bourgeons et la torsade ralentit sa vitesse.
Préalablement, le palissage a été restauré : remplacement des piquets abîmés et tension des trois fils.


Fertilisation

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Légère incorporation au sol de la matière organique qui vient d’être épandue.


La vigne est une culture peu exigeante et une forte fertilisation augmentera le rendement au détriment des arômes (dilution).
Pour les apports de matière organique, pas de souci : mon élevage de vaches y pourvoit !
J’ai apporté un léger complément minéral ces dernières années car ma vigne manquait un peu de vigueur (il est toujours intéressant d’avoir une vigne vigoureuse qu’on peut conduire « à la dure » pour l’obliger à prospecter le sol en profondeur et améliorer ainsi la typicité).


Ebourgeonnage

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Exemple d’un jeune pied de vigne avant et après l’ébourgeonnage : la sélection est sévère !


Dès que les jeunes pousses apparaissent, je commence à éliminer les rameaux trop entassés, trop bas sur le cep en pensant déjà à la prochaine taille hivernale !
Cette façon précoce d’éclaircir est risquée car un accident climatique peut survenir plus tard (gel, mauvaise fécondation des grappes) et je n’aurai pas de rameaux « de secours »
Je prends ce risque car ce travail est très long alors que la vigne pousse vite ! Et je dois aussi m’occuper de mes prairies et de mes animaux à Curienne !

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Ce rameau est encore peu développé, mais la future grappe est déjà présente.


Travail du sol

Le travail du sol : voilà un beau casse-tête en vigne étroite !
Les objectifs sont :
- l’aération du sol
- l’incorporation des matières organiques
- la limitation du ruissellement et de l’érosion
- la maîtrise des herbes et plantes autres que la vigne

Voilà pour la théorie ! La pratique est plus difficile et contradictoire !
Dans des lignes étroites (1.35 à1.50 m) les roues du tracteur passent toujours au même endroit : compaction ! En outre le fait de rouler sur un sol qui a été griffé (donc foisonné) récemment amplifie la compaction, ce qui est fréquemment le cas lors des pulvérisations de protection du feuillage !

Sur sol très sec, il n’y a quasiment pas de tassement, mais la Savoie est un département bien arrosé, ce qui nécessite de renouveler souvent les traitements (le cuivre est lessivé par la pluie) et l’herbe pousse très vite, il faut donc la griffer souvent pour la maîtriser.

Pour compliquer un peu, il faut aussi travailler le sol sous les rangs de vigne sans arracher les ceps ni les blesser !; Il faut que le sol reste suffisamment plan pour que les passages suivants ne relèvent pas du gymkhana !
Finalement, l’aération nécessite peu de passages mais la maîtrise de l’herbe et les traitements foliaires sont sources de problèmes, mais je ne vais tout de même pas utiliser des désherbants !

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griffage de printemps


J’essaie de varier les matériels pour ne pas avoir toujours la même action sur le sol.
(J’ai oublié de photographier l’intercep qui travaille sous le rang, je corrigerai cela en 2012)
J’essaie depuis quelques années de garder un sol nu au printemps, puis d’implanter une céréale après la formation de la grappe afin de :
- limiter les passages de tracteur
- profiter de l’effet anti-germinatif des jeunes plantes de céréale sur les autres herbes (cela s’appelle l’allélopathie si vous voulez briller en société !)
- les racines de céréales travaillent le sol et l’ameublissent
- les céréales concurrencent la vigne pour l’azote
- le tapis herbacé peut-être intéressant si les sols sont mal ressuyés pour les vendanges
- c’est un engrais vert pour la saison suivante

La céréale ne s’implante pas toujours aussi bien que je le souhaiterais !

En 2011, j’ai voulu être encore plus fort et j’ai semé une toute petite bande de luzerne (10 cm) au milieu des rangs afin de travailler le sol, fournir de l’azote et profiter de la forte allélopathie de la luzerne : celle-ci a trop concurrencée la vigne pour le calcium et la perte de récolte a été importante !

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luzerne dans l’inter rangs


Quand vous vous promenez au milieu des vignes, il vous parait peut-être normal de voir des sols parfaitement nus : Demandez-vous pourquoi aucune plante ne pousse et quels résidus de phytos allez-vous trouver dans le vin issu de ces parcelles !!